L'imagerie à l'abbaye de Maredret.
Une production monastique au XXe siècle

Michel Boisdequin,
Agrégé en Sciences religieuses
 

I. Naissance et essor d'une abbaye bénédictine et de son Imagerie

La fondation de l'abbaye de Maredret, dans la province de Namur, participe du mouvement de renouveau monastique que connut la Belgique dans la seconde moitié du XIXe siècle. Plus particulièrement, l'implantation d'une communauté de moniales bénédictines dans cette région d'Entre-Sambre-et-Meuse est directement liée à la création de l'abbaye de Maredsous en 1872. C'est le souhait, en effet, de la soeur de Dom Hildebrand de Hemptinne, deuxième abbé de Maredsous, de mener avec d'autres jeunes filles une existence contemplative selon la règle de saint Benoît, qui est à l'origine de l'établissement de l'abbaye des Saints Jean et Scholastique à Maredret. Les deux abbayes, situées à proximité immédiate l'une de l'autre, sont érigées sur des terrains offerts par la famille Desclée. La première pierre de la nouvelle abbaye fut posée en 1891 par Dom de Hemptinne lui-même qui avait également dressé les plans originaux des bâtiments en style néo-gothique. Le quadrilatère du monastère dont l'église forme l'un des côtés, fut bâti à l'aide de pierres extraites du sous-sol même du plateau rocheux sur lequel s'érigèrent les constructions. Un culte local était rendu, en ce lieu, à saint Jean-Baptiste. C'est pourquoi son nom fut associé au patronage de sainte Scholastique (soeur de saint Benoît) lors de la Dédicace de l'église abbatiale.

Le monastère de Maredret fut fondé par Mère Cécile de Hemptinne le 8 septembre 1893. Les soeurs fondatrices avaient reçu leur formation à l'abbaye Sainte-Cécile de Solesmes. En 1900, le prieuré fut érigé en abbaye. Le blason du monastère sur lequel figurent des gouttes de rosée et une fleur de lis est complété par la devise : Rorate coeli desuper (Cieux, d'en haut répandez votre rosée, selon Is. 45,8). Cette antienne de l'avent symbolise l'idéal de vie contemplative des moniales de Maredret.

A côté de l'Imagerie qui fait l'objet de cette étude, l'abbaye a développé aussi quelques ateliers connexes : broderie (ornements liturgiques), céramique et miniatures. Les religieuses mettent leurs dons artistiques respectifs au service de la communauté. Cependant, depuis sa fondation, la miniature et l'enluminure sur parchemin sont une spécialité de l'abbaye. Il s'agit là d'une véritable tradition qui nécessite un long et patient apprentissage ainsi que l'étude d'anciens manuscrits ou livres d'heures enluminés. La composition de la pâte qui doit faire briller l'or, par exemple, est un secret que les moniales de Maredret se transmettent de génération en génération, depuis près d'un siècle. C'est ainsi que les religieuses de l'abbaye ont orné et enluminé, entre autres, des pages de missels pontificaux pour les moines de Maredsous ou encore pour la cathédrale Saint-Bavon à Gand.

L'abbaye dispose également d'une hôtellerie qui permet l'accueil de toute personne ou de tout groupe qui désire faire halte parmi la communauté pour réfléchir, se recueillir, prier ou prendre part à un échange biblique et à des week-ends de retraite.

La communauté, qui a compté jusqu'à 88 membres vers le milieu des années 1950, est composée actuellement de 27 religieuses [10 religieuses en 2009].

L'abbaye de Maredret fut d'abord incorporée à la Congrégation bénédictine de Beuron (tout comme l'abbaye de Maredsous, qui avait d'ailleurs été une fondation de l'abbaye allemande). Depuis août 1927, l'abbaye des Saints Jean et Scholastique fait partie de la congrégation de l'Annonciation qui regroupe dix-sept monastères en Belgique et dix-huit autres de par le monde, plus quelques postes dépendants.

Depuis 1894, il existait déjà à l'abbaye un atelier dans lequel les religieuses réalisaient des images, entièrement peintes à la main. Cependant, les véritables débuts de l'Imagerie remontent à 1905 et dès le départ, le sigle adopté : IMALIT (IMagerie LITurgique) indique la tendance de la production. Deux facteurs peuvent éclairer l'orientation choisie par l'Imagerie de Maredret. Tout d'abord, l'importance de l'office dans la vie quotidienne des monastères bénédictins, ensuite, l'influence du renouveau liturgique basé sur la volonté de remettre les fidèles directement en contact avec les textes mêmes de la messe. (En 1882, Dom Gérard van Caloen, moine de Maredsous, avait publié le Missel des Fidèles, contenant le texte du Missel romain avec la traduction française et notices explicatives, liturgiques et historiques). Dans ce contexte, la création d'une Imagerie à l'abbaye de Maredret correspondait à un souci d'apostolat par l'image. Le but poursuivi par l'Imagerie est d'éduquer le sens liturgique et la pratique sacramentelle des chrétiens en illustrant des textes scripturaires. L'usage de la Sainte Ecriture dans le choix des textes constitue en lui-même un témoignage sur la vie monastique qui suppose une familiarité, une intimité avec la Parole de Dieu lue, écoutée, méditée et priée. Entendre volontiers de saintes lectures est une des sentences inspirées de l'Ecriture (Lc 11, 28) que donne saint Benoît au chapitre IV (n° 56) de sa règle.
 

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181. Vierge à l'Enfant. Image de la série Gothique, reproduction en couleurs d'une miniature réalisée par une moniale. A l'arrière-plan, on aperçoit les bâtiments de l'abbaye dans leur écrin de verdure.
 

Les débuts de l'Imagerie furent modestes. Soeur Pauline, cofondatrice avec Soeur Eustochium des éditions imagières de l'abbaye, racontait volontiers qu'elle débuta avec la modique somme - même en valeur de l'époque - de cent francs. Quand on sait que, par la suite, les bénédictines de Maredret ont produit des millions d'images, on peut dire que les soeurs ont bien fait fructifier leurs talents, comme dans une parabole !

Au cours des premières années, l'impression des images se fit à l'abbaye à l'aide de matériel prêté ou donné par des amis imprimeurs. Progressivement, la production imagière prit de l'extension et aux environs de 1922, l'abbaye recourut alors aux imprimeurs extérieurs pour ses éditions, ce qui est toujours le cas de nos jours.

Une partie importante des images éditées par Imalit a été réalisée par le procédé de phototypie. Les clichés photographiques des originaux étaient pris par les moniales elles-mêmes. L'impression des images était de teinte sépia. Un grand nombre de ces images furent, par la suite, coloriées à la main par les religieuses de l'abbaye et ce, depuis les débuts de l'Imagerie jusqu'aux environs des années 1950. Ce travail fut exécuté avec un sens artistique indéniable : le choix des coloris, la minutie, la finesse et la délicatesse avec lesquelles ces images furent peintes démontrent que par l'effort paisible de ses activités manuelles, la communauté monastique témoigne des valeurs qui donnent au travail quotidien son vrai sens tel qu'il se trouve exprimé dans la brève mais essentielle devise bénédictine : Ora et Labora.

Ce sont les moniales de l'abbaye qui sont les dessinatrices des images éditées par Imalit. L'usage a toujours prévalu que l'artiste réalise son oeuvre au nom de l'abbaye dont elle est membre et garde donc l'anonymat, suivant ainsi les préceptes mêmes de la règle de saint Benoît : S'il y a des artisans au monastère, ils exerceront leurs métiers en toute humilité (ch. 57). Au fil du temps, une dizaine de moniales ont ainsi apporté leur contribution au niveau de la création d'images pour l'Imagerie.

Deux critères président au processus d'élaboration d'une série d'images. Le premier correspond à une initiative même d'Imalit qui décide la création d'une série d'images sur un thème ou un sujet précis (le chemin de Croix, les mystères du Rosaire) ou encore répondant à une possibilité d'utilisation : charte de baptême, souvenir mortuaire, etc. Le second facteur consiste en la réponse à une demande extérieure comme, par exemple, une communauté religieuse désireuse de promouvoir la cause de béatification d'un de ses membres, soit une initiative particulière et locale (un lieu de pèlerinage). Les images produites par l'abbaye, dans ces cas, portent la mention : Edition Maredret.

La période de production la plus importante se situe dans les années qui suivirent la fin de la Seconde Guerre mondiale. Les images éditées par Imalit à cette époque rencontrèrent un grand succès et furent même exportées en quantités considérables vers de nombreux pays, comme la France, l'Italie, les Etats-Unis ou encore l'Australie. Ces images étaient imprimées avec des légendes rédigées dans les langues appropriées. L'expédition vers les pays lointains se faisait au moyen de grandes caisses en bois qui partaient par bateau.

A partir des années 1960, la petite image pieuse subira la désaffecion croissante du public, ce qui amènera certaines maisons d'édition à ralentir, voire à cesser leur activité. Cependant, même si la production est évidemment moins importante que dans le passé, Imalit poursuit toujours, de nos jours, son but initial : promouvoir une imagerie au service d'une liturgie vivante.
 

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182. Une image-catalogue (début des années 1960) qui propose un choix de cartes de Noël et de Nouvel An.

Echantillonnage représentatif des différents styles de la production d'Imalit à l'époque.
 

II. Analyse de la production imagière de l'abbaye de Maredret

La production imagière de l'abbaye de Maredret couvre une période de 85 ans (des débuts d'Imalit, en 1905, à nos jours). Lorsqu'elles créèrent l'Imagerie, les religieuses ne pensaient pas que celle-ci connaîtrait un pareil développement.

Rappelons que, pendant une quinzaine d'années, les moniales imprimèrent elles-mêmes leurs images avec du matériel de fortune et c'est le succès rencontré par ces premières éditions qui les incitèrent à poursuivre et à développer leur production. Pour les raisons que nous venons d'évoquer, les religieuses n'ont pas songé à garder de traces matérielles de leurs premières images. Jusqu'au début des années 1920, les archives d'Imalit sont donc forcément lacunaires. Néanmoins, on peut évaluer à quatre mille le nombre d'images imprimées différentes, produites par l'abbaye des débuts jusqu'aujourd'hui. Ce chiffre exprime, à lui seul, la richesse et la diversité de la production ainsi que l'étonnante créativité des moniales de Maredret, dans ce domaine de l'imagerie.

Du point de vue de l'analyse, il semble possible de distinguer, au niveau de la conception iconographique des images, trois périodes dans la production d'Imalit. La première période va des origines en 1905 jusqu'aux environs de 1935, la seconde couvre les années 1935 à 1965 ; enfin, la troisième période, que l'on pourrait qualifier de "post-conciliaire", de 1965 à nos jours. Il va de soi, cependant, que l'activité de l'Imagerie a été vécue dans la continuité. Chaque période présente, toutefois, un ensemble d'éléments cohérents, tant du point de vue du style graphique que sur le plan des techniques d'impression. Deux remarques s'imposent ici : il est évident que la période d'utilisation des images ne correspond pas, en tout point, à celle de la production. Des images éditées dans les années 1920-1930, par exemple, ont été utilisées par le public jusqu'après la Seconde Guerre mondiale. Par ailleurs, les religieuses de l'abbaye ont procédé au cours des années à de nombreuses rééditions de certaines séries d'images particulièrement demandées.

Parmi les images à finalité liturgique, les moniales de Maredret ont dessiné de nombreux sujets pour toutes les circonstances de l'existence chrétienne. Citons les annonces et les chartes de baptême, les souvenirs de Première communion, de profession de foi, de confirmation, d'ordination sacerdotale ou de profession religieuse, les chartes de mariage ou encore les souvenirs mortuaires. Toutefois, la production d'Imalit ne s'est pas limitée à cette seule fonction de l'imagerie religieuse. De multiples aspects et événements de la vie de l'Eglise universelle ou locale sont aussi à l'origine de certaines éditions, comme les images des différents papes (de Pie X à Jean-Paul II), celles destinées à promouvoir les vocations sacerdotales et missionnaires, d'autres pour la bénédiction de cloches d'une église paroissiale ou pour la "croisade eucharistique" des années 1930, d'autres encore lors des apparitions mariales de Beauraing et de Banneux (1932-1933). La piété populaire est également présente parmi les images éditées par l'abbaye de Maredret : le culte des saints (saint Christophe, saint Hubert), les sanctuaires mariaux (Notre-Dame de Grâce de Berzée, Notre-Dame de Walcourt). Dans ce domaine de la dévotion populaire, Imalit a réalisé de nombreux "types spéciaux", c'est-à-dire des images créées en réponse à une demande locale (citons, parmi d'autres, saint Eleuthère à Tournai, saint Walhère à Onhaye, près de Dinant, Notre-Dame de l'Arbrisseau à Salles, dans le Hainaut, Notre-Dame de Montaigu). Nous avons déjà évoqué aussi, les commandes de congrégations religieuses pour promouvoir la cause de béatification ou de canonisation d'un(e) de leurs membres (c'est ainsi que l'Imagerie a édité des images pour les Frère Mutien-Marie de l'Institut des Frères des Ecoles Chrétiennes à Malonne - canonisé depuis le 10 décembre 1989 - ou pour la Bienheureuse Julie Billiart, fondatrice de l'Institut des Soeurs de Notre-Dame de Namur). Il faut aussi évoquer les images plus particulièrement conçues et dessinées pour les enfants, comme les "bons points" qui étaient jadis, distribués par les prêtres et les catéchistes ou encore celles destinées aux scouts.

Enfin, mentionnons certaines éditions de type patriotique, comme l'image illustrant la prière à saint Joseph, "Patron de la Belgique" ou les images consacrées à la famille royale (souvenirs mortuaires de la reine Astrid, la "Prière pour le Roi, Père de la Patrie").

Les exemples que nous venons d'énumérer ci-dessus ne sont certes pas exhaustifs (rappelons que pas moins de 4.000 images différentes ont été éditées par Imalit). Ils montrent cependant, qu'à côté d'une production dont elles avaient elles-mêmes l'initiative, les moniales de Maredret ont également conçu un grand nombre d'images "à la carte" en répondant à des sollicitations extérieures, le processus de création restant toutefois leur apanage.

De cette abondante activité imagière, nous considérerons à présent chacune des périodes de production et nous tenterons d'en dégager les principales caractéristiques iconographiques en les illustrant par les images les plus représentatives de l'époque concernée.
 

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183. La scène de la Fuite en Egypte illustre le texte de la Préface chantée aux fêtes et aux mesures votives de saint Joseph. Le texte est encadré par deux tiges de lis stylisées. L'illustration de cette image est contenue dans une figure géométrique en forme de tympan.
 

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184. Représentation du Christ-Roi qui illustre la partition du cantique : Christus vincit. Remarquons l'encadrement végétal des portées musicales : palmes contenant un médaillon circulaire à l'intérieur duquel figure une croix. Image sépia, coloriée à la main.
 

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185. Le sacrement de baptême. La cérémonie liturgique au moment du rite d'aspersion.
 

Période I - 1905-1935

La majeure partie des images produites au cours des trente premières années d'existence d'Imalit a été réalisée par le procédé de phototypie. Ces images étaient imprimées en sépia et nous avons vu que nombre d'entre elles furent, ensuite, coloriées à la gouache par les moniales de l'abbaye.

C'est dès le début de l'Imagerie que les religieuses ont donné à leur production un style si caractéristique et qui permet de reconnaître leurs créations au premier coup d'oeil. On peut dire que les dessinatrices de l'abbaye ont opéré, grâce à leur sens artistique, une synthèse originale des différents courants qui étaient en vogue à l'époque, en créant ainsi ce que l'on peut appeler le "style Maredret" qui constitua un essai tangible de rénovation et d'assainissement de l'imagerie religieuse. Un style parfois proche de l'Ecole d'art de Beuron (Beuroner Kunstchule, créée en 1894 par les bénédictins de l'abbaye allemande) mais toutefois, avec des personnages nettement moins hiératiques et une composition d'ensemble moins statique. La conception de l'image, au niveau de l'agencement de l'espace, fait souvent appel à des figures géométriques appartenant à l'architecture religieuse (principalement gothique) telles que tympan, ogive, rosace, archivolte. Les "bandeaux" sont alors garnis d'éléments décoratifs symboliques (croix, chrisme...) ou faisant référence au sujet même de l'image (par exemple, lampe à huile pour illustrer l'image présentant Jésus "lumière du monde", cf. fig 189). Des stylisations empruntées au Modern style (Art nouveau, Art déco) dans le registre des figures végétales comme les palmes ou encore les fleurs de lis sont présentes sur de nombreuses images (cf. fig. 183, 184, 188). Enfin, autre source très importante d'inspiration : les lettrines d'enluminures. Les dessinatrices de l'abbaye ont conçu des séries complètes d'images dans lesquelles des lettrines furent ornées de multiples façons et avec ingéniosité (cf. Fig. 186, 187, 196, 197). Ces lettrines ornées servaient à présenter le texte d'une citation scripturaire, le verset d'un psaume, le refrain d'un chant liturgique, une pensée d'un saint ou d'un auteur spirituel ou même une prière. Ce procédé va plus loin que le simple ajout d'une légende dans le bas de l'image. L'association texte-dessin confère à ce type d'image une dimension spirituelle dans le sens où elle est invitation directe à la méditation, voire à la prière. Il n'est guère étonnant que les moniales de Maredret aient eu une certaine prédilection pour ce genre d'images ; elles s'efforcent de rendre perceptible à travers celles-ci cette permanence de la prière dans le vécu quotidien de leur vie.

Les créatrices des images de cette première période ont réussi à allier expressivité des personnages et à apporter une qualité orante à leurs réalisations. On remarquera aussi le souci du détail dans les dessins, l'utilisation d'arrière-plans composés de photographies des bâtiments de l'abbaye ou d'autres édifices (notamment sur les images consacrées aux saints).

Si l'on se place au point de vue de la conception artistique des images, il nous semble que l'on peut qualifier cette période "d'âge d'or" de la production de l'abbaye de Maredret.

On peut estimer à un millier le nombre de sujets différents (sans compter les "types spéciaux" : images éditées sur commande) que les moniales ont créés entre 1905 et 1935.
 

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186. Prière pour les voyages, éditée en 1925. L'image évoque, par son dessin, les moyens de déplacement de l'époque (voiture automobile, moto, avion). Saint Raphaël est invoqué comme protecteur des voyageurs depuis le Moyen Age.
 

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187. Lettrine ornée d'une Nativité. Illustre une prière de Dom Marmion pour demander à la Vierge Mère du Verbe incarné, de devenir semblable à son Fils (Dom Marmion, Le Christ, vie de l'âme). Image sépia coloriée à la main.
 

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188. Vierge à l'Enfant, illustrant une citation du Cantique des Cantiques. Image type pour souvenir de prise d'habit ou de jubilé d'une religieuse. Observons, à nouveau, la stylisation des fleurs de lis, dans un dessin s'inspirant de l'Art nouveau.
 

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189. L'Evangile de saint Jean constitue la source d'inspiration de cette image. Les deux citations qui y figurent présentent Jésus-Christ comme la lumière authentique (ego sum lux mundi : je suis la lumière du monde) qui transforme les croyants en fils de lumière (credite in lucem ut filii lucis sitis : croyez en la lumière pour devenir des fils de lumière). On remarquera le décor du "bandeau" garni de lampes à huile.
 

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190. Image qui illustre la parabole du Bon Samaritain (Evangile de saint Luc). La scène est bien typée, encadrée par deux palmiers, ce qui confère une certaine "profondeur de champ" à l'ensemble de la composition. La route serpente à travers le désert de Juda illuminé par les rayons du soleil couchant. A l'avant-plan, les deux personnages sont vêtus à l'orientale.
 

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191. Vierge de pitié, sujet classique pour illustrer un souvenir mortuaire.
 

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192. La douceur. Une image de la série (de 12 sujets) consacrée aux Fruits de l'Esprit. L'action de l'Esprit Saint est figurée par de nombreux éléments symboliques : la colombe sous la double arcade de la voûte céleste, l'arbre qui porte des fruits, la ruche et les abeilles évoquent la douceur du miel, la fontaine qui laisse s'écouler de l'eau à laquelle des brebis s'abreuvent. L'Esprit Saint que le Christ nous envoie est en nous la source de ces fleuves d'eau vive, de la grâce qui nous abreuve jusqu'à la vie éternelle, c'est-à-dire qui nous fait porter des fruits de vie éternelle (Dom Marmion, Le Christ, vie de l'âme).
 

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193. Sainte Scholastique, copatronne de l'abbaye de Maredret. La soeur de saint Benoît est représentée avec ses "attributs" habituels : vêtue en moniale bénédictine avec la crosse abbatiale et la colombe. Selon le récit hagiographique de saint Grégoire, saint Benoît vit l'âme de sa soeur s'envoler au ciel sous la forme d'une colombe. Chromolithographie imprimée par la Société Saint-Augustin à Bruges, pour l'abbaye de Maredret.
 

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194. Saint Hubert représenté avec les attributs de sa fonction épiscopale (mitre, crosse) et ceux relatifs à sa légende (cor de chasse, étole). A sa droite, un cerf ; à sa gauche, la basilique. Dans le haut de l'image, un décor de branches de sapin évoque la forêt ardennaise.
 

Les sujets traités peuvent être regroupés autour de quatre grands axes :

1. La liturgie

Soucieuses d'aider les fidèles à une meilleure compréhension de la liturgie, prière officielle de l'Eglise, les religieuses de Maredret ont illustré les préfaces propres à certaines messes. La préface est un chant d'action de grâces qui sert d'introduction au canon, la partie centrale de la célébration eucharistique. Cette prière est très ancienne : elle remonte aux temps apostoliques. Les préfaces figurent parmi les premiers sujets réalisés par l'Imagerie. Outre le texte même de la prière, chaque image représente une scène qui l'illustre de manière appropriée (cf. fig. 183).

Imalit a produit également de nombreuses images consacrées aux sacrements. On notera l'objectif pédagogique poursuivi en présentant les gestes principaux du rituel : l'aspersion d'eau pour le baptême (cf. fig. 185), l'imposition des mains par l'évêque lors de la cérémonie de l'ordination sacerdotale ou encore le prêtre au moment de l'élévation pour l'eucharistie (cf. fig. 216).

Nous mentionnerons enfin les images destinées à illustrer les souvenirs de communion solennelle et de confirmation, de profession ou de jubilé de vie religieuse (cf. fig. 188) ainsi que les différents sujets pour souvenirs mortuaires (cf. fig. 191).
 

2. La vie du Christ et de la Vierge

Nous évoquerons ici les séries représentant les Mystères du Rosaire (de l'Annonciation au Couronnement de la Vierge) et les quatorze stations du Chemin de Croix : séries "classiques" qui connurent plusieurs rééditions.

Nous signalerons aussi les images de la Nativité, de Jésus-Enfant, de la Sainte Famille, du Bon Pasteur, du Sacré-Coeur et celles qui évoquent les diverses dévotions à la Vierge.

Des épisodes des Evangiles, relatifs notamment au "ministère public" du Christ, ont inspiré la création de jolies images aux scènes bien typées, comme Jésus chez Marthe et Marie ou encore la parabole du Bon Samaritain (cf. fig. 190).
 

3. La foi et la pratique chrétiennes

Deux grands thèmes théologiques ont donné naissance à des séries remarquablement illustrées : les Béatitudes et les Fruits de l'Esprit.

Les Béatitudes dans la vie des saints : chaque image de cette série présente un saint (principalement, les fondateurs de grands ordres religieux : saint Benoît, saint Ignace, saint Dominique, saint François...) à l'intérieur d'une lettre B, première lettre du premier mot (Bienheureux) par lequel commence chacune des huit Béatitudes que Jésus exprima lors de son Sermon sur la montagne (cf. la fig. 196 consacrée à saint Vincent de Paul).

Deux séries complètes de douze images chacune ont été réalisées sur les Fruits de l'Esprit (cf. fig. 192) tels que les énumère saint Paul dans son épître aux Galates (la charité, la joie, la paix, la patience, la bénignité, la bonté, la longanimité, la douceur, la confiance, la modestie, la continence et la chasteté). Un point d'histoire peut nous éclairer sur l'importance accordée par les religieuses de Maredret à ce thème théologique. Ce furent les moniales de l'abbaye qui sténographièrent les conférences spirituelles de Dom Columba Marmion (1858-1923) et qui contribuèrent ainsi à leur publication. Or l'oeuvre du troisième abbé de Maredsous, théologien, liturgiste et maître spirituel, est profondément marquée par les grandes perspectives de la pensée paulinienne. Dom Marmion a d'ailleurs donné aux religieuses de Maredret une série de conférences publiées, en 1923, sous le titre de Sponsa Verbi. Imalit a édité un certain nombre d'images et de signets qui mettent en évidence l'une ou l'autre pensée ou citation de Dom Marmion dont la cause de béatification est introduite à Rome (cf. fig. 187). [Don Marmion a été canonisé le XX/XX/2XXX].

Imalit a également mis à la disposition du public des prières illustrées comme le Magnificat, la Prière au Christ, Roi Universel, le Secret de Sainteté (une prière au Saint-Esprit du cardinal Mercier), une prière pour la paix, une autre encore pour les voyages qui évoque par son dessin les dangers de la circulation automobile ou ceux des déplacement aériens des années 1920 (la prière se termine par ces mots : que l'ange Raphaël nous accompagne dans le voyage afin que nous revenions chez nous avec la paix, la santé et la joie). Chaque époque connaît ses angoisses ! (cf. fig. 186). Parmi la production de cette période, on peut encore citer :

Les images des apparitions de Beauraing (cf. fig. 200) furent d'ailleurs éditées sous la responsabilité d'une des fondatrices de l'Imagerie, Soeur Pauline, car Imalit n'avait pas encore été reconnu officiellement comme éditeur, à ce moment. C'est pourquoi ces images portent la mention : Paulin-Maredret (la lettre "e" du nom de la religieuse avait été supprimée volontairement).
 

4. Le Sanctoral (cf. fig. 194-198)

Une large part de la production imagière de l'abbaye de Maredret est naturellement dévolue aux saints ; leur culte tient en effet un grand rôle parmi les dévotions populaires.

A côté des saints les plus vénérés (saint Joseph, sainte Thérèse, sainte Bernadette, sainte Barbe, sainte Catherine, sainte Cécile, saint Nicolas, saint Martin, saint Hubert et tant d'autres encore), on trouve également des images honorant les fondateurs de congrégations religieuses actives dans nos régions : sainte Angèle Merici (Ursulines), sainte Louise de Marillac (Première supérieure des Filles de la Charité), saint Jean-Baptiste de la Salle (Frères des Ecoles chrétiennes), saint Jean Bosco (Salésiens), pour ne pas citer les fondateurs des grands ordres religieux que nous avons déjà évoqués plus haut (cf. la série des Béatitudes). Les moniales de Maredret ont également consacré des images aux grands théologiens qui sont reconnus comme "docteurs de l'Eglise" : saint Bernard (cf. fig. 195), saint Bonaventure, saint Anselme (cf. fig. 198), saint Albert le Grand, saint Jean de la Croix, saint Thomas d'Aquin, sainte Thérèse d'Avila.

L'abbaye a aussi évoqué la figure de sainte Mechtilde, grande moniale bénédictine et mystique du XIIIe siècle.-

Différents types d'images ont été crées pour le culte des saints :

Pour terminer ce rapide survol de la production iconographique de l'Imagerie de Maredret au cours de ses trente premières années d'activité, signalons au point de vue technique, qu'outre les réalisations en phototypie (sépia), certaines images furent aussi imprimées en noir et blanc, en bleu, en sépia et or (série dénommée SM avec des images qui furent utilisées comme souvenirs de communion, d'ordination sacerdotale, etc.). Nous mentionnerons enfin, les chromolithographies imprimées par la Société Saint-Augustin à Bruges (cf. fig. 193) ou les images en couleurs de la série CH vers les années 1930.
 

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195. Saint Bernard, abbé de Clervaux, docteur de l'Eglise, dont on commémore cette année le neuvième centenaire de la naissance. Le lyrisme de ses écrits consacrés à la louange de la Vierge Mère l'a fait surnommer le "docteur marial".
 

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196. Image de la série des Béatitudes dans la vie des Saints. A l'intérieur d'une lettrine "B", saint Vincent de Paul recueille des enfants abandonnés. L'action du fondateur des Filles de la Charité, constante disposition à soulager la misère et la détresse d'autrui, constitue un témoignage de vie chrétienne qui illustre la cinquième Béatitude (Mt 5, 7) : Bienheureux ceux qui sont miséricordieux parce qu'ils obtiendront miséricorde.
 

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197. Lettrine ornée qui illustre la partition d'un cantique à sainte Cécile, patronne des musiciens. La sainte est représentée jouant de la lyre qu'écoute l'ange placé à ses côtés.
 

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198. Saint Anselme, bénédictin, archevêque de Canterbury, docteur de l'Eglise. Image conçue sous la forme d'un triptyque, avec vues photographiques des bâtiments du collège Saint-Anselme d'Urbe.
 

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199. Image de pèlerinage à Notre-Dame de Grâce, à Berzée (province de Namur). Composition très fouillée. Dans les angles supérieurs, deux scènes relatives à la vie de la Vierge (à gauche : l'Annonciation ; à droite : le Calvaire). Au-dessus de la représentation classique de Notre-Dame de Grâce, la Trinité en gloire. Sur la terre et cheminant vers la petite chapelle champêtre, le "Peuple de Dieu" dans sa diversité. En dessous de l'écorce terrestre, les âmes du Purgatoire pour lesquelles la Vierge de Berzée est particulièrement invoquée.
 

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200. Notre-Dame de Beauraing (province de Namur). En dessous de la représentation de la "Vierge au coeur d'or", un dessin figure, sur une photographie du lieu des apparitions, les cinq enfants-témoins. L'image contient les paroles que la Vierge prononça aux jeunes voyants et est ornée d'une guirlande de fleurs d'aubépine. On sait que c'est à l'emplacement où poussait un aubépinier qu'eurent lieu les apparitions mariales de Beauraing, en 1932-1933.
 

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201. Annonces de baptême (dimensions : 10,3 x 13,5 cm). Un des nombreux modèles destinés à orner ce type d'images. Dessin réalisé par Soeur Anne-Pierre qui créa pour Imalit plus de 300 sujets de facture moderne, à partir de 1935 (sigle AP de la série). Sur cette image imprimée en couleurs, la Vierge est invoquée comme protectrice des nouveau-nés.
 

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202. Charte de baptême (dimensions : 18 x 28 cm), destinée à être utilisée comme document "officiel" par le sacrement qui marque l'entrée dans la vie chrétienne.
 

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203. Souvenir de la bénédiction (appelée aussi "baptême") des cloches d'une église paroissiale (1950). Les cloches de l'église convient le chrétien à rencontrer le Christ au cours des offices liturgiques. C'est ce qu'exprime la légende de cette image : Le Maître est là... Il t'appelle.
 

<204>

204. Souvenir mortuaire. Composition symbolique. A l'avant-plan, un monument funéraire surmonté d'une croix vers lequel est dirigé un faisceau lumineux provenant d'un large cercle symbolisant la présence divine. La colombe qui y est attirée représente l'âme du défunt.
 

<205>

205.Cinq bons points (dimensions : 4,5 x 7 cm). Série très populaire d'images imprimées en couleurs (une centaine de sujets différents) destinées aux enfants. Les sujets sont, pour la plupart, relatifs à la Vierge, à la Nativité et bien sûr à Jésus Enfant.
 

<206>

206. Jésus Enfant : I lay down my life for my sheep (Je donne ma vie pour mes brebis). La légende rédigée en anglais témoigne de la large diffusion et de l'exportation des images reproduites par Imalit. Image sépia coloriée à la main.
 

Période II - 1935-1965

La production des images sépias (phototypie) se poursuit, notamment par les nombreuses rééditions des séries les plus demandées. Cependant, vers 1935, un changement important de style s'amorce qui ira de pair avec un nouveau procédé d'impression. A ce moment apparaissent, en effet, les premières images dont les sujets dessinés par Soeur Anne-Pierre (d'où le sigle AP de la série) témoignent d'un essai de stylisation moderne. Ces images sont désormais imprimées en couleurs par le procédé de l'offset (entre autres, sur les presses des Papeteries de Genval). Cette série s'enrichira régulièrement de nouveaux modèles et deviendra ainsi, avec plus de 350 sujets, l'édition "phare" de la production d'Imalit pour cette période. Certaines de ces images seront, par ailleurs, éditées au format de cartes postales (9 x 13,5 cm).

D'autres séries suivront cette tendance qui correspond à un souci d'introduire plus de simplicité dans la conception des images afin de mieux centrer sur l'essentiel la présentation du message chrétien.

La série AP connaîtra un grand succès et... une énorme production : des millions d'exemplaires seront vendus non seulement en Belgique mais également en France, en Italie, au Portugal, au Canada, aux Etats-Unis et en Australie.

Cette période sera marquée aussi par une diversification de la production d'Imalit : c'est vraiment dans les années de l'immédiat après-guerre que les moniales de Maredret créeront et mettront sur le marché le plus large éventail d'images pouvant servir dans toutes les circonstances de la vie du chrétien ("du berceau à... la tombe", cf. fig. 201-204) et de la communauté ecclésiale dont il est membre. Avec toujours la volonté de présenter et de mettre en valeur les aspects essentiels des actes liturgiques. La production de la série AP peut se répartir selon cinq catégories :

1. Les images mariales : elles arrivent largement en tête des sujets représentés. Nous signalerons parmi celles-ci les illustrations des titres sous lesquels la Vierge est invoquée dans les Litanies de la Sainte Vierge. Citons parmi d'autres : Mater Christi (Mère du Christ), Mater amabilis (Mère, digne d'amour), Virgo potens (Vierge puissante), Speculum justitiae (Miroir de la Sainteté chrétienne), Sedes sapientae (Siège de la sagesse), Rosa mystica (Rose mystique), Regina pacis (Reine de la Paix), etc.

2. Le Christ : principalement des représentations de Jésus-Enfant (Jésus dans la crèche, Jésus et les petits enfants, Jésus et ses brebis : Je donne ma vie pour mes brebis, cf. fig. 206)

Les images de Jésus-Enfant font partie des nombreux sujets destinés aux enfants. C'est vers 1945 que l'on peut situer l'apparition d'images spécialement conçues et dessinées pour les jeunes enfants (7-8 ans). Signalons ici la série des Bons points (sigle : BP) qui propose un choix d'une centaine de sujets spécifiques qui sont pour la plupart, des réductions (au format : 4,5x7 cm) de modèles de la série AP (cf. fig. 205).

3. L'eucharistie : de multiples sujets illustrent les souvenirs de communion (Première communion, communion solennelle ou profession de foi). Les légendes de ces images soulignent la présence de Jésus dans l'eucharistie : Hoc est corpus meum (Je suis le pain de vie), la nourriture des enfants de Dieu : Ecce panis angelorum (Voici le pain des anges), Vrai pain des enfants de Dieu.

Plusieurs images présentent aussi ce sacrement en référence au Psaume 41 : Comme un cerf assoiffé, ainsi mon âme soupire après Vous, ô mon Dieu et montrent un cerf ou une biche s'abreuvant à une source symboliquement alimentée par le calice surmonté de l'hostie.

4. Le baptême : les annonces, chartes et souvenirs pour le sacrement qui marque l'entrée dans la vie chrétienne (cf. fig. 201-202).

5. Thèmes divers : images de la foi (dons de l'Esprit), des saints (saint Joseph, saint Benoît, saint François d'Assise, saint Nicolas, sainte Maria Goretti...), etc.

Par ailleurs, une part importante de la production d'Imalit a été imprimée en sépia, comprenant de nombreux modèles de facture moderne, relatifs au Christ, à la Vierge, aux saints ou présentant des prières, soit encore des sujets pour divers souvenirs. Ces images seront très souvent coloriées à la main par les moniales, jusque vers le milieu des années 1950. Ces années marquent l'apogée des activités imagières de l'abbaye qui correspond aussi à l'époque où la communauté monastique compta le plus de membres.

Le fleuron des éditions de cette période demeure sans conteste la série Gothique (sigle SG). Les images de cette série sont des reproductions (en couleurs, rehaussées d'or) de superbes miniatures réalisées par des moniales de l'abbaye ; elles constituent aussi un témoignage sur cette autre activité du monastère qu'est l'enluminure. Il convient de souligner ici l'excellente facture de ces images. Les sujets de ces miniatures concernent principalement les fêtes liturgiques qui célèbrent les mystères du Christ et de la Vierge (cf. fig. 210-211). Les modèles de ces réalisations proviennent du XIIIe, XIVe et XVe siècles, mais l'inspiration créatrice des moniales peut aussi s'y exprimer ; c'est ainsi que l'on retrouvera, par exemple, dans le décor du paysage, les bâtiments de l'abbaye (cf. fig. 181). Cette série qui comporte 52 sujets connaîtra plusieurs rééditions.

La série TE (textes enluminés) présente, quant à elle, un vaste choix (une centaine de sujets) de citations bibliques et liturgiques. Chaque image reproduit un texte avec lettrine ornée en styles celtique (Psaumes), roman (Evangiles) et gothique (Bible, Liturgie, Pères de l'Eglise, etc.). Certains sujets peuvent illustrer des souvenirs de communion, de profession de foi, d'ordination sacerdotale. Ces textes existent en versions latine, française, néerlandaise et anglaise. On notera, dans l'édition de ces images, le passage du format "classique" (5 x 7 cm) à celui qui se rapproche des dimensions des signets actuels (6 x 12 cm).

Nous mentionnerons encore, parmi d'autres éditions :

Signalons enfin, deux séries "charnières" qui se situent, à la fois sous le pontificat de Jean XXIII (1958-1963) et dans la première moitié de celui de Paul VI, en pleine période conciliaire (1962-1965) :

Période III - De 1965 à nos jours

Comme nous l'avons déjà évoqué, la production imagière de l'abbaye de Maredret connaîtra un certain ralentissement, conséquence de la désaffection que connut la petite image de piété aux environs des années 1960-1965. Il est bien connu, qu'entre autres raisons, la réforme liturgique consécutive au Concile de Vatican II réduira, voire supprimera, l'usage du missel (liturgie en langue vernaculaire) dans lequel prenaient place nombre d'images pieuses. Néanmoins, quoique subissant également les effets de ce désintérêt du public chrétien envers l'image religieuse, l'usage des souvenirs (profession de foi, ordination sacerdotale) continuera à se maintenir dans des proportions parfois variables. Par ailleurs, le signet, composé d'une photo et d'une citation, opérera une certaine percée sur le marché de l'image religieuse à partir de 1970.

La tendance générale des images de cette période contemporaine s'exprime donc, de plus en plus, à travers le mode symbolique. Les principales caractéristiques techniques qui marquent l'évolution (tant du point de vue de la conception que de celui de la morphologie de l'image) des éditions d'Imalit sont :

Nous donnons ci-dessous, une brève description des nouvelles éditions d'Imalit, depuis 1965 :

Pour clôturer cet aperçu, signalons encore qu'actuellement des signets illustrés sur parchemin sont réalisés entièrement à la main et que les moniales songent à l'avenir puisqu'une édition spéciale est en préparation pour célébrer le centenaire de l'abbaye, en 1993. [Cette édition spéciale a-t-elle été réalisée ?].
 

<207>

207. Un autre exemple de production "enfantine". Une image (impression en couleurs et or) d'une série consacrée aux Béatitudes.
 

<208>

208. Le travail du mineur, placé sous la protection bienveillante de la Vierge à l'Enfant. La puissance évocatrice de cette image (de la série AP) est remarquable : elle suggère, en quelques traits, la condition ouvrière dans les bassins houillers de nos régions au milieu de ce siècle. La tonalité générale sombre et bleutée du paysage et des bâtiments du charbonnage contraste avec la blancheur du manteau de la Vierge et la luminosité de son auréole ; le dessin montre les silhouettes des ouvriers courbés portant leur outil de travail : la pioche. On observera encore les épaisses fumées s'échappant des cheminées d'usine. La légende : Prie et travaille est la traduction de la devise bénédictine, Ora et labora, qui par sa formule brève rappelle les deux aspects essentiels de la vie chrétienne.
 

<209>

209. Une image de la série Triangle : saint Jean-Baptiste. Conception originale pour les modèles de cette série : les sujets sont dessinés à l'intérieur d'un triangle posé sur sa pointe.
 

<210>

210. L'Annonciation. Une image de la série Gothique, reproduction d'une miniature réalisée à l'abbaye.
 

<211>

211. La Nativité. Un autre sujet de la série Gothique. Illustre la citation de l'Evangile de saint Jean : Et Verbum caro factum est (Et le Verbe s'est fait chair).
 

III. Conclusions

Au terme de cet itinéraire descriptif qui nous a permis de découvrir les multiples facettes de l'univers imagier de l'abbaye de Maredret, nous aimerions apporter quelques éléments de conclusion. Dans un premier temps, nous soulignerons brièvement, que la production d'Imalit nous paraît traversée, de part en part, par trois axes fondamentaux qui sous-tendent le processus de création des images. Ces axes sont : liturgie, spiritualité et dimension ecclésiale. Ensuite, à l'aide d'un exemple concret choisi dans la production de l'Imagerie, nous montrerons que la petite image de piété est aussi le lieu où s'exprime une théologie, c'est-à-dire, un discours sur Dieu au travers duquel se perçoit la vie d'une communauté chrétienne.

Le tableau synthétique ci-dessous présente chaque période de production avec les caractéristiques des principales séries.
 


Typologie des éditions
 


Période I - 1905-1935

Images sépias, imprimées en phototypie.

Images imprimées en chromolithographie, coproduites avec la Société Saint-Augustin, Bruges.

Thèmes :

  • la vie liturgique (préfaces de Messes, sacrements) ;
  • la vie du Christ (scènes des Evangiles, Chemin de Croix) et de la Vierge (Mystères du Rosaire) ;
  • images des apparitions de Beauraing (1933) ;
  • thèmes de la foi (séries Fruits de l'Esprit) ;
  • les Béatitudes ;
  • textes d'auteurs spirituels (Cardinal Mercier, Dom Marmion) avec lettrine ornée ;
  • le Sanctoral.

Période II - 1935-1965

Images imprimées en sépia.

Images imprimées en couleurs, la plupart de ces séries en style moderne.

Images destinées à être utilisées lors de circonstances précises : chartes de baptême, images pour la Première communion, pour la profession de foi et la confirmation, chartes de mariage, souvenirs pour ordination sacerdotale ou jubilé de vie religieuse, souvenirs mortuaires, etc.

Séries :

  • AP (dessinée par soeur Anne-Pierre) : nombreux sujets variés, impression en couleurs ;
  • BP (bons points, pour la plupart, des réductions des images de la série AP), sujets pour enfants ;
  • SG (série Gothique) : reproduction en couleurs de miniatures réalisées par les moniales de l'abbaye ;
  • TE (texte avec lettrine ornée).

Période III - 1965 à nos jours

Images imprimées en noir sur papiers de différents coloris.

Utilisation de photographies dans la composition de certaines images (signets).

Séries :

  • Vatican II (textes du Concile présentés et illustrés).
  • Magnificat (reproductions photographiques de céramiques fabriquées à l'abbaye par Soeur Suzanne).
  • Pax (signets avec photos en couleurs).
  • CR (série Christe Redemptor), signets avec lettrine ornée.
  • Edition spéciale Saint Benoît, 1979.
  • Série de cartes de Noël, éditée en 1988.

 

Les dessinatrices des images :

Soeur Agnès, Soeur Anne-Pierre, Mère Bénédicte, Soeur Laurentia, Soeur Lucie, Soeur Marie-Louise, Soeur Marie-Madeleine, Soeur Placida, Soeur Suzanne.
 

Liste des imprimeurs ayant travaillé pour les éditions Imalit :

Brepols, Turnhout

Cim = Combier Imprimeur, Mâcon

De Vleeschouwer, Bruxelles

D'hondt-De Graeve

Maison Bourdeau-Capelle, Dinant

[Malvaux, Bruxelles] [recherches Yves Van Cranenbroeck (2009)]

Papeteries de Genval

Protin, Liège

Société Saint-Augustin, Bruges

Thill, Bruxelles

 

1. Aspects théologiques de la production d'Imalit

Nous évoquerons donc ici, ce qui constitue, en quelque sorte, le substrat sur lequel s'est élaborée, au fil des années, la production imagière de l'abbaye de Maredret. Une production qui s'articule autour de trois axes principaux et indissociables qui nous livrent un témoignage sur la vie de la communauté monastique.
 

La liturgie

L'orientation initiale et la constante volonté des moniales de Maredret fut et demeure la création d'une imagerie au service d'une liturgie vivante et accessible à tous. C'est ainsi, que dès leurs premières éditions, les religieuses ont rédigé les textes de leurs images non seulement en latin mais également en français (et plus tard, dans d'autres langues vernaculaires). On songe ici, par exemple, aux images illustrant les préfaces de messes. Ce souci pédagogique s'inscrit, comme nous l'avons déjà vu, dans la perspective du mouvement de renouveau liturgique amorcé à la fin du siècle dernier et qui verra ses efforts aboutir dans la réforme du Concile de Vatican II qui permettra l'emploi de langue usuelle dans les célébrations.
 

La spiritualité

Le but des responsables de l'Imagerie est de proposer une image qui soit également une invitation à la prière personnelle : La pédagogie de l'image n'est pas qu'instructive, elle tout autant pour le croyant introduction à la présence de l'Invisible et à la prière 1. La qualité orante des images produites par Imalit n'est en fait que le reflet de ce qui constitue l'essentiel de la vie monastique bénédictine : la recherche de Dieu à travers la prière. On notera aussi le souhait des moniales de faire partager, à travers cette humble messagère qu'est l'image, leur nourriture spirituelle essentielle : la Bible, Parole de Dieu, traduisant par là la primauté de la lectio divina dans la règle de saint Benoît.
 

<212>

212. Une image de la série Vatican II qui présente des textes du Concile. Illustration symbolique du passage de la Constitution dogmatique sur l'Eglise (Lumen Gentium) qui traite de l'appel universel à la sainteté dans l'Eglise (Ch. 5) : Ainsi donc tous ceux qui croient au Christ iront en se sanctifiant toujours plus dans les conditions, les charges et les circonstances qui sont celles de leur vie.
 

<213>

213. Un signet de la série Mi (dimensions : 5,3 x 15 cm). Photographie en couleurs du clocher d'ardoises de l'église abbatiale, construite dans le stylé néo-gothique. La citation du Livre du Siracide (Ancien Testament, désigné jadis sous le nom d'Ecclésiastique) s'applique particulièrement bien à la vie de prière de la communauté monastique : La prière de l'humble traverse les nues et il ne se console pas tant qu'elle n'a pas atteint son but (Eccli 35, 17 = SI 35, 21).
 

<214>

214. Signet de la série Christe Redemptor, du titre d'une des encycliques du pape Jean-Paul II (dimensions : 6,5 x 15 cm). Lettrine ornée, dans le style des miniatures, imprimée sur papier bristol parcheminé. Le texte est celui de la Prière eucharistique n° 4 et convient donc pour un souvenir d'ordination sacerdotale.
 

<215>

215. Une image de la série éditée à l'occasion du 15e centenaire de la naissance de saint Benoît. Lettrine ornée qui présente les deux pôles de la règle bénédictine : la prière et le travail.
 

Outre les textes scripturaires et liturgiques, les moniales de Maredret ont également mis en valeur nombre de citations dans la littérature chrétienne, des Pères de l'Eglise, aux auteurs spirituels de ce siècle (Dom Marmion, P. Philipon, M. Quoist), en passant par les pensées des saints, des grands théologiens "docteurs de l'Eglise" et des mystiques (sainte Mechtile, saint Jean de la Croix).
 

La dimension ecclésiale

La vie de foi individuelle ne peut exister sans sa dimension communautaire. Imalit a donc, tout naturellement, présenté un large éventail d'images qui rejoignent le chrétien, à la fois dans ses engagements personnels (profession de foi, ordination sacerdotale), dans les grandes étapes de sa vie (baptême, confirmation...) et dans les événements multiples qui l'insèrent dans la vie de l'Eglise locale (mission paroissiale, retraite, pèlerinage...) et universelle (année sainte, pontificats, encycliques, sans oublier l'événement ecclésial majeur de ce siècle : le Concile de Vatican II). En conclusion, des images éditées par une communauté monastique attentive aux besoins du monde et de l'Eglise.
 

2. L'image est aussi théologie

L'image pieuse a, au cours des siècles, nourri et soutenu la pratique chrétienne. Elle est le témoin privilégié de la foi vécue quotidiennement. Elle est ainsi le reflet des traditions, des sensibilités et des mentalités d'une communauté située dans l'espace et dans le temps. Elle est donc le lieu où s'exprime le fruit d'une expérience de vie et d'une réflexion sur la relation de l'homme à Dieu : elle est aussi théologie.

Pour illustrer notre propos, nous proposons l'analyse d'une image conçue par les moniales de Maredret, vers 1920, pour illustrer un souvenir d'ordination sacerdotale (cf. fig. 216).

Bien que le sujet principal soit la représentation du sacrifice de la messe, cette image, par sa composition et les nombreux éléments symboliques qu'elle contient, permet une triple lecture au niveau de la théologie qu'elle exprime. Les trois axes qui se dégagent ainsi, mais qui s'entrecroisent, sont les suivants : liturgique (le sacrifice de la messe), sacerdotal (le rôle du prêtre) et trinitaire (le dogme chrétien d'un seul Dieu en trois personnes).

Lecture liturgique : le sujet central de l'image est l'action du prêtre : celui-ci fait face à l'autel et tient en main l'hostie au moment de l'élévation. Par cette représentation, qui correspond à la matérialité des faits, l'utilisateur de l'image est placé dans les conditions analogues à celles des fidèles qui assistent à la messe. Remarquons ici que l'agencement adopté (disposition de l'autel, prêtre vu de dos) nous renseigne indirectement sur l'époque où fut conçue l'image : nous sommes en présence d'une liturgie antérieure au Concile de Vatican II.

Le monde terrestre (où prédomine l'horizontalité des lignes) et le monde céleste (marqué par de nombreux cercles qui symbolisent la gloire divine) communiquent par la partie médiane et supérieure de l'autel en contact avec le socle qui supporte l'Agneau versant son sang, symbolisant par là le sacrifice renouvelé du Christ au cours de la messe. Par ailleurs, l'axe central et vertical dans lequel se trouvent placés les trois personnes de la Trinité et le prêtre officiant manifeste l'action réelle du divin dans le monde des hommes lors de la transsubstantiation (changement de la substance du pain et du vin en celle du corps et du sang de Jésus-Christ dans l'eucharistie).

Si on observe le décor, on remarquera encore, de part et d'autre de l'autel, les deux encensoirs qui laissent s'échapper des volutes d'encens qui symbolisent la prière de l'Eglise qui monte vers Dieu comme un parfum qu'il agrée. Les deux palmiers qui s'élèvent derrière l'autel sont le symbole du paradis.

Lecture sacerdotale : cette image a été conçue pour illustrer un souvenir d'ordination sacerdotale. La position centrale que le prêtre y occupe souligne son rôle de médiateur entre Dieu et les hommes. C'est en effet, au nom de l'assemblée que le prêtre offre à Dieu le sacrifice de la messe, comme en témoignent les inscriptions en latin qui figurent sur le devant de l'autel : "sacrificiu nostrum ascendat ad te dne et descendat super nos misericordia tua" (Que notre sacrifice monte vers vous Seigneur et que descende sur nous votre miséricorde). Ces paroles sont un condensé des prières de l'offertoire. La chasuble dont le prêtre est revêtu symbolise l'identification du célébrant avec le Christ.

Lecture trinitaire : la combinaison ternaire des éléments est omniprésente dans la composition de cette image. On retrouve le nombre trois jusque dans les détails de l'ornementation. Il est, à chaque fois, le symbole et le rappel du dogme de la Trinité.

Il faut également observer, en ce qui concerne l'autel, les trois marches qui y conduisent, la partie supérieure qui est construite en forme de croix et dont chacun des trois bandeaux supérieurs contient le mot "Sanctus".
 

<216>

216. Le prêtre au moment de l'élévation. Image d'une série pédagogique consacrée aux sacrements.
 

Au cours de la messe, le Sanctus conclut la Préface du Canon (aujourd'hui : Prière eucharistique). Dans le Sanctus, le mystère de la Trinité, d'un Dieu en trois personnes est manifestement proclamé.

Observons, à présent, la représentation des trois personnes divines : l'Agneau, la Colombe de l'Esprit et le Père. Le socle qui supporte l'Agneau immolé comporte la première et la dernière lettre de l'alphabet grec : Alpha et Oméga qui signifient le commencement et la fin et symbolisent la maîtrise du temps. L'Alpha et l'Oméga est aussi le titre divin attribué à Jésus-Christ par l'évangéliste Jean dans l'Apocalypse. C'est également dans ce dernier livre du Nouveau Testament que le Christ ressuscité est présenté sous les traits d'un agneau égorgé, mais vivant et glorieux. Sur l'image, l'Agneau transpercé par un glaive porte un nimbe crucifère rappelant le supplice du Christ en croix. L'Agneau est inscrit dans un large cercle qui fait penser à l'hostie. Ce cercle est lui-même entouré par trois cercles concentriques dont le plus extérieur est garni de têtes d'angelots. La partie supérieure de ces cercles est "fracturée" par l'apparition de la colombe de l'Esprit Saint, aux ailes déployées et dont la tête est elle aussi garnie d'un nimbe crucifère. Dieu le Père porte un longue barbe et tient les mains largement ouvertes en un geste d'accueil et de bénédiction. Le Père est coiffé de la tiare pontificale à trois couronnes, symboles de la royauté, de la puissance et de l'autorité. Un large arc de cercle constitue en quelque sorte une espèce de firmament sur lequel sont inscrites des paroles de louange à Dieu : "Tibi laus, tibi gloria, tibi gratiarum actio" (A toi la louange, la gloire, l'action de grâces). Signalons ici que l'expression "actions de grâces" est la traduction littérale du mot grec : eukharistia, eucharistie. L'eucharistie, qui se situe au coeur même de ce que l'on appelait avant la réforme liturgique de Vatican II, le sacrifice de la messe et que l'on nomme à présent sacrifice eucharistique 2.

1 Cf. Fr. Lapadu-Hargues, "Images et imageries de piété", Dictionnaire de spiritualité ascétique et mystique, t. VII, 2e partie, col. 1519 à 1529, Paris, 1971.

2 Je tiens à exprimer ici ma gratitude à la Communauté bénédictine de l'abbaye de Maredret et plus particulièrement à Soeur Bruno, responsable de l'Imagerie.
 

Article tiré du catalogue de l'exposition Imagiers de paradis - Images de piété populaire du XVe au XXe siècle organisée en 1990 par le Musée en Piconrue à Bastogne (Province de Luxembourg - Belgique), pages 115 à 136 (Dépôt légal : <>).
 

Le texte ci-dessus été reproduit grâce à l'autorisation du Musée en Piconrue (Bastogne - Province de Luxembourg - Belgique) (Sébastien Pierre, Directeur-Conservateur) en date du 18/06/2009.

Les illustrations ont été reproduites au départ des images originales grâce à l'autorisation de l'abbaye de Maredret (Mère Bénédicte, Abbesse, et Soeur Marie-Benoît, Prieure) (2009).

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