Le petit patrimoine, c'est celui que nous côtoyons tous les jours sans nécessairement nous rendre compte ni de sa présence ni de sa valeur.

A Maredret, comme partout ailleurs, il suffit d'ouvrir les yeux pour découvrir un petit patrimoine particulièrement riche et intéressant.


Bornes du domaine des Chemins de Fer

Le domaine des Chemins de Fer (ancienne ligne SNCB 150) était répertorié grâce à des bornes marquées CF (Chemins de Fer).

Un inventaire est en cours.

N'hésitez pas à signaler vos découvertes au webmestre de ce site.
 



Borne CF située Rue des Montis, le long de la voirie
(photo prise le 19/07/2006).
 



Une autre borne CF, également située
Rue des Montis, est enchâssée
entre le trottoir et le bas du muret.
L'inscription CF reste à peine lisible
(photo prise le 06/01/2008).
 



Une autre borne CF est visible le long du parking
situé en bas de la Rue des Montis et créé
lors des travaux "Coeur de village" terminés en 2005.


 


Bouloir

Lors des travaux de rénovation et d'embellissement "Coeur de Village" à Maredret, plusieurs habitants ont fait effectuer à leurs frais le renouvellement de leur trottoir.

Au cours de ces travaux, en juillet 2004, Edith et Joseph Manderlier, habitant Rue des Artisans  38, ont fait la découverte d'une bien curieuse pierre carrée.
 


 

Celle-ci comportait 9 creux placés géométriquement.

Un voisin a aussitôt pensé à un bouloir ancien.

Effectivement, en face de la maison actuelle d'Edith et Joseph Manderlier se trouvait autrefois une maison qui a servi d'estaminet.

Les consommateurs n'avaient qu'à traverser la rue pour aller jouer aux quilles.

Edith et Joseph Manderlier ont voulu conserver ce témoin des loisirs d'autrefois : ils ont fait déplacer le bouloir en contrebas de leur maison. Celui-ci reste donc visible pour les personnes intéressées par le petit patrimoine de Maredret.

Grâce à Bernard Vanderheijden, de l'association AMELIE MELO asbl, le bouloir a revécu durant quelques minutes le placement des 9 quilles avant le début du jeu.
 



Photo © Bernard Vanderheijden - 19/11/2006.


 


Chatières

A côté du village des humains, il y a un monde parallèle dont on peut soupçonner ou même découvrir l'existence : c'est celui des chats.

Autrefois, les chats étaient des privilégiés : les portes des maisons ou des bâtiments annexes (étable, fenil, fournil, grange, remise,...) étaient souvent percées d’une chatière. Aujourd’hui, ces orifices sont obturés, économie d’énergie oblige.

Les anciennes chatières, de plus en plus rares (elles disparaissent chaque fois qu’une porte est remplacée), font désormais partie du petit patrimoine.
 























 

Découvrir un village de chats.


Croix de fonte du cimetière

Lors d'une visite au cimetière de Maredret, vous ne manquerez pas de remarquer 6 croix anciennes de fonte.
 





 

C'est l'occasion d'en savoir plus sur ces croix.
 


 

Les croix funéraires

C'est seulement au XVIIème siècle et surtout au XVIIIème siècle que les croix de fonte se généralisent et s'individualisent dans nos contrées.

Les matériaux utilisés alors sont surtout le bois ou la pierre.
 

Les croix de fonte

Les recherches des historiens n'ont pas permis de trouver beaucoup de croix de fonte antérieures au XIXème siècle.

La grande époque des croix de fonte est assurément le XIXème siècle, avec l'apparition des croix ajourées, vers 1840.

Vouloir donner un âge à une croix de fonte est particulièrement difficile car les dates de fabrication ne figurent en général pas sur la croix elle-même. La plupart des catalogues des modèles de série sont également muets à ce sujet et il ne faut surtout pas se fier à la date de décès figurant sur la croix étant donné les nombreux cas de réemplois après une première désaffectation.

De plus, les fondeurs n'ont cessé de copier des modèles antérieurs. Il y eut même des procès intentés par de grands ateliers à l'égard de confrères peu scrupuleux.

La production de croix de fonte s'est arrêtée vers 1930, 1940 au plus tard. Deux exceptions méritent cependant d'être signalées : la fonte de croix, régulièrement jusqu'en 1950 et occasionnellement jusqu'en 1966, chez BAYOT-MALACORT à Yves-Gomezée et celle d'une série limitée, destinée à l'abbaye de Rochefort, par la fonderie RODRIQUE à Ciney dans les années 1980.
 

Les fonderies

Les propriétaires actuels d'anciennes fonderies sont d'ordinaire étonnés d'apprendre que leur entreprise a fabriqué des croix. Certains vont même jusqu'à nier l'évidence car ils estiment que le renom de leur fonderie n'est nullement favorisé par cette production - souvent marginale, faut-il le dire - et qu'il n'y a pas de raison de s'en enorgueillir. Pourtant, chaque croix est une véritable petite oeuvre d'art, réalisée selon des technologies et des règles esthétiques propres à une époque, une région et une tradition.

Voici un inventaire non exhaustif réalisé en 1992 de 15 fonderies belges ayant fondu des croix :

Plusieurs fonderies françaises, essentiellement situées dans les Ardennes (vallée de la Meuse), ont également fabriqué des croix de fonte qui ont été exportées et vendues en Belgique.
 



Croix N° 181
du catalogue ALFRED CORNEAU
(Charleville)
sur le thème du Baptême du Christ.
 



Croix de fonte,
adossée à une croix en bois,
sur le thème du Baptême du Christ
dans le cimetière de Maredret
(photo prise le 12/07/2005).
 



Le Baptême du Christ
(détail).
Croix de fonte
dans le cimetière de Maredret
(photo prise le 12/07/2005).
 


Fabrication

Le Moyen-Age réserve aux non ferreux le savoir du mouleur et du fondeur, le fer étant quant à lui consacré à la fabrication des outils et des armes.

Jusqu'au XVème siècle, le fer ne se fond pas : il se laisse battre.

Les historiens n'ont pas encore identifié avec certitude le lieu et le temps où les nouvelles formes du fourneau permirent la production de fonte. Ce métal cassant, impropre au forgeage, fut sans doute considéré au départ comme un déchet. Mais, peu à peu, il apparaît que ce produit dédaigné peut se "jeter en moule", comme les métaux non ferreux, et prendre les formes les plus diverses (instruments d'usage domestique, taques de cheminées, etc.). La fonte finira par concurrencer les alliages du cuivre et devenir en quelque sorte le "bronze du pauvre".

Si la substitution du coke au charbon de bois fut la solution au manque croissant de combustible, cette évolution technologique a aussi été le début d'une nouvelle ère culturelle. La métallurgie du XIXème siècle, le lieu privilégié d'interaction entre la science et les techniques, marque le début de l'ère industrielle.

Si les archéologues industriels ont consacré des études importantes à l'emploi de la fonte dans la construction, les objets courants, ceux qui forment aujourd'hui le "petit patrimoine", n'ont pas eu la même chance. Leur dispersion, la faible valeur marchande et leur état de conservation fort variable ont découragé les recherches historiques. Objets de série, ils mettent en oeuvre une méthode d'analyse particulière et la comparaison typologique d'un très grand nombre d'exemplaires. C'est le travail infiniment long et minutieux auquel se sont attelé Françoise Lempereur et ses collaborateurs à propos des croix de fonte de nos cimetières. Leur étude fait plus que remettre à l'honneur un héritage qui nous touche : elle mène une incursion dans le quotidien de l'âge de la fonte.

Pour obtenir par moulage plusieurs pièces identiques, il faut au préalable établir un modèle puis, à l'aide de ce modèle, confectionner des moules, généralement en sable, dans lequel on verse le métal en fusion.

Le modèle est construit en bois sec et capable de prendre un certain poli : sapin pour les modèles de grandes dimensions et noyer pour les petits modèles.

Le crottin de cheval était utilisé pour consolider le sable qui devait constituer le noyau. Il était d'ailleurs fréquent autrefois de ramasser le crottin pour le vendre aux petites fonderies artisanales.

Une fois la fonte refroidie, le démoulage pouvait s'effectuer. Restaient alors les opérations de finition : ébarbages au burin et/ou à la lime.
 

Personnalisation et placement

Jusqu'au début du XXème siècle, les croix étaient fournies, au village, par le forgeron-maréchal-ferrant qui réalisait généralement l'encadrement en fer forgé avec garnitures de fonte.

En ville, c'était les entreprises de pompes funèbres qui se chargeaient de l'achat, de l'entreposage et même du placement (les croix de fonte étaient notamment scellées avec du plâtre et de la limaille de fer).

Aux modèles de base, le forgeron ou l'entrepreneur de pompes funèbres ajoutait également souvent un Christ ou une plaque rappelant les nom et dates de naissance et de décès du défunt.

Un socle de pierre (ou de béton) maintenait généralement le pied de la croix, pied pourvu de crochets qu'il fallait introduire dans des encoches aménagées par le tailleur de pierre, puis souder au moyen de plomb fondu. Cette opération avait le mérite de solidifier l'ensemble, mais elle rend aujourd'hui ardue la tâche du chercheur car elle a fait disparaître les marques de fonderie placées en général à la base du pied.
 

Restauration et conservation

Malheureusement, il y a de moins en moins de croix de fonte dans nos cimetières.

D'abord parce que, après 33 ou 50 ans, les "concessions à perpétuité" finissent par arriver à expiration. L'Administration Communale dépose alors un avis sur la tombe, généralement avant la Toussaint, avis précisant que, sauf démarche explicite de son propriétaire, la tombe sera retournée. Dans ce cas, les ossements sont rassemblés dans une fosse commune et le monument ou la croix est enlevé par le fossoyeur, c'est-à-dire le plus souvent détruit.

Ensuite parce que la fonte ajourée non entretenue rouille et se casse.

Heureusement, certains fossoyeurs, conscients de la valeur artistique de ce petit patrimoine, remettent en état les croix endommagées puis les replacent sur des tombes d'indigents ou d'isolés (c'est notamment le cas à Annevoie, section de la commune d'Anhée).

42 croix de fonte ont été replacées dans un cimetière-témoin reconstitué au Musée de la Vie rurale du Fourneau Saint-Michel (Saint-Hubert).

Dans le cas de tombes désaffectées, il est plus opportun de remettre en état les croix de fonte abîmées et de les replacer au sein même du cimetière, dans un endroit approprié, sans risque de casse (contre un mur par exemple).

Pour restaurer une croix de fonte, il faut d'abord enlever la rouille en privilégiant l'usage des brosses et des ponceuses car la fonte est fragile (il convient donc d'éviter le décapage à l'acide ou le grenaillage sous pression, utilisé pour le fer forgé). La croix doit ensuite être recouverte d'un produit inhibiteur de rouille puis d'antirouille et enfin de peinture pour métal. Autrefois, les croix étaient peintes en noir, parfois associé au blanc pour certains détails, en brun ou en gris argenté. Le bleu clair était traditionnellement réservé aux croix d'enfants.
 

Etudes historiques et sauvegarde du patrimoine

On ne peut bien protéger que ce que l'on connaît bien.

Plusieurs chercheurs, travaillant au sein du Séminaire des Arts et Traditions populaires de Wallonie (Université de Liège), ont entrepris, dès l'année académique 1986-1987, d'allier sauvegarde du patrimoine et étude originale, aucun travail n'ayant jusqu'alors été publié pour la Wallonie. Il y avait urgence car des croix disparaissaient chaque jour, cassées ou volées, et aucun pouvoir public et aucune instance scientifique n'y prêtaient attention : des pans entiers de notre tradition artisanale ont failli basculer définitivement dans l'oubli.

Parmi ces chercheurs auxquels il convient de rendre hommage, il faut principalement citer :


Les croix de fonte du cimetière de Maredret

Le village de Maredret a la chance de posséder 6 croix de fonte dans son cimetière :
 



Photo prise le 01/11/2005.
 



Photo prise le 01/11/2005.
 



Photo prise le 01/11/2005.
 



Photo prise le 01/11/2005.
 



Photo prise le 01/11/2005.
 



Photo prise le 01/11/2005.
 



Détail
(photo prise le 01/11/2005).
 

Ces croix de fonte doivent encore faire l'objet d'une étude spécifique (datation, fonderie, etc.).

Elles mériteraient aussi d'être restaurées d'urgence afin de les conserver pour le futur.
 


 

Bibliographie

L'article de cette section consacrée aux croix de fonte a été rédigée sur base des ouvrages et articles suivants :

Anciaux de Faveaux, Eric (1989) - Regard sur trois croix en fonte in Les vivants et leurs morts. Art, croyances et rites funéraires dans l'Ardenne d'autrefois. Catalogue de l'exposition de 1989 au Musée en Piconrue (Bastogne - Belgique). Edition Musée en Piconrue (Bastogne - Belgique) et Crédit Communal. ISBN 2-87193-083-X. Pages 139 à 142.

Collectif (1992) (dont Roger Hourant qui a pris en charge la synthèse des travaux et l'établissement d'une nomenclature complète reprenant tous les types de croix en fonte rencontrés) - La fonte en Wallonie. Les croix de nos aïeux. Séminaire des Arts et Traditions populaires en Wallonie / Direction générale de l'Aménagement du Territoire, du Logement et du Patrimoine (DGATLP) - Division des Monuments, Sites et Fouilles. Ministère de la Région wallonne. Collection "Héritage de Wallonie" (7ème titre). Editions du Perron (Alleur-Liège - Belgique). ISBN 2-87114-091-X. 222 pages.

Dulieu, Paul G. (2005) - Les croix de fonte de nos aïeux. Un petit patrimoine trop négligé. Wallonia Nostra, publication de Wallonia Nostra, fédération des associations wallonnes de défense du patrimoine, N° 34, 1er trimestre 2005, pages 28-29.


 


 


Décrottoirs

Faisant partie d'un petit patrimoine insolite, les décrottoirs en fer forgé nous rappellent que les rues de nos villages n'ont pas toujours été recouvertes de tarmac imperméable.

Il fut un temps où rues, ruelles et sentiers étaient boueux à la moindre averse et où fumier, crottin et fientes collaient aux sabots et aux chaussures.

Heureusement, souvent fabriqués par le forgeron-maréchal-ferrant du village, les décrottoirs permettaient, comme leur nom l'indique, de gratter tout ce qui crottait et collait aux sabots et aux chaussures avant de pénétrer dans une maison.

Un premier inventaire (2005) a permis de repérer 2 décrottoirs en fer forgé dans le village de Maredret :
 



Décrottoir situé à gauche de la porte d'entrée
de l'église Saint-Jean-Baptiste à Maredret
et fraîchement repeint
(photo prise le 27/05/2005).
 



Lors de la visite guidée organisée le 01/05/2008
par Yves Van Cranenbroeck et intitulée
Christian Dotremont et le village de Maredret,
les participants ont eu la surprise
de constater le vol du décrottoir situé à gauche
de la porte d'entrée de l'église Saint-Jean-Baptiste
à Maredret.
 

Le deuxième décrottoir se trouvait placé à gauche de la porte d'entrée de l'ancienne école des soeurs de Maredret, devenue Maison de l'Artisanat. Lors des travaux de rénovation et d'embellissement "Coeur de Village" effectués à Maredret en 2004-2005, ce décrottoir a été disqué puis jeté par les ouvriers car il empêchait la réalisation de la rampe d'accès en pente. Il a heureusement été récupéré par un habitant du village soucieux du petit patrimoine. Après restauration, il sera replacé à la gauche de la porte d'entrée d'une ancienne maison du village.

En 2006, un 3ème décrottoir a été signalé au N° 1 de la Rue des Laidmonts. Il n'est pas de la même facture que les deux précédents.
 



Décrottoir situé au N° 1 de la Rue des Laidmonts.
Il a été découvert lors des travaux
de rénovation de la maison et
sera replacé à la fin de ceux-ci
(photo prise le 25/07/2006).
 

Trois décrottoirs se trouvent également à l'abbaye de Maredret :
 



Décrottoir situé à gauche
de la porte d'entrée de la maison sise
au N° 10 de la Rue des Laidmonts à Maredret
(Clos Saint-Pierre, face à l'abbaye de Maredret)
(photo prise le 27/05/2005).
 



Décrottoir se trouvant à gauche de l'entrée
de l'église abbatiale de l'abbaye de Maredret
(photo prise le 15/08/2006).
 



Décrottoir situé à droite de l'entrée
du Clos Saint-Jean
(photo prise le 13/10/2010).