Atelier de garnissage

Aline Nicolas
Rue Roland  10

B-5537      MAREDRET

Tél. : + 32 (0)82 69 99 59
Courriel : lacauseuse@live.be
Internet : http://www.lacauseuse.be


Mardi 5 août 2008

La revue Confluent, publication mensuelle de La Vie Namuroise asbl (Jambes - Namur), publie un article (N° 369 d'août 2008, pages 14 et 15) consacré à Aline Nicolas, artisane du village de Maredret, et signé par Catherine Vandenbroucke.
 





 

Atelier de garnissage à Maredret

Aline Nicolas

Passion et bonne humeur... Voici les mots qui viennent d'abord à l'esprit lorsqu'on rencontre Aline Nicolas. Suivent rapidement compétence et goût. Cette historienne de l'art douée pour les travaux manuels s'est installée par hasard à Maredret. Elle ne pouvait pas mieux tomber. C'est donc dans un cadre tout à fait propice, à deux pas de la Maison de l'artisanat, qu'elle pratique le garnissage, partageant depuis peu son atelier avec l'ébéniste Catherine Migeot.

Licenciée en histoire de l'art et titulaire d'une agrégation la destinant à l'enseignement, Aline Nicolas se lance pourtant dans des études de garnissage à l'IATA. En 2004, elle fait le grand saut et en fait sa profession.

Elle se passionne rapidement pour ce métier et le bouche à oreille ne tarde pas à faire son effet. Aline Nicolas satisfait ses clients et ceux-ci le lui rendent bien en exposant fièrement ses oeuvres dans leur intérieur. Plusieurs d'entre eux ne tardent pas à lui confier un projet plus conséquent : "Je vois souvent revenir des clients pour lesquels j'ai restauré un siège. Ils me demandent alors de concevoir toute la décoration du salon, par exemple. Après avoir sélectionné le tissu du divan et des fauteuils, nous choisissons ensemble les tentures, les stores, les coussins, et même les nappes... C'est évidemment très agréable à mener ce type de projet de A à Z." Et c'est ici qu'Aline Nicolas peut laisser s'exprimer toute la dimension de sa fibre féminine. "Dans ce métier principalement pratiqué par des hommes, le bon goût et l'intuition féminine sont des outils importants, souligne-t-elle. La recherche du détail, du style plus tendance, d'une patine pour la carcasse sont des approches plus féminines."

Dans 80 % des cas, le travail se réalise sur un siège à restaurer. Mais il est aussi possible de le créer de toutes pièces à partir d'une boiserie neuve. L'artisane dispose pour cela d'un catalogue de carcasses de style ou contemporaines, dans lequel le client fait sa sélection. Aline Nicolas utilise aussi comme point de départ de ses créations des pièces achetées en brocantes ou sauvées de la casse. Une opération qui semble bien stimuler son imagination...

Quel que soit le siège, les étapes sont les mêmes. Tout d'abord, réparation, recollage ou transformation de la boiserie. C'est ici qu'intervient Catherine Migeot, ébéniste et garnisseuse. Ensuite, la restauration de l'assise, soit à l'ancienne (pelotes de crin et toile de jute), soit en mousse (ce qui donne un résultat plus moelleux). Enfin, le placement du tissu et les finitions (double passepoil, galon plat, lézarde ou clous décoratifs). "Ces étapes sont immuables, explique l'artisane, mais chaque artisan les interprète à sa façon. Chacun développe ses propres recettes et n'hésite pas à les partager à l'occasion..."
 

Voltaire et la causeuse

Que ce soit pour un siège ou pour un ensemble, Aline Nicolas se rend chez le client avant de faire le devis. "J'ai besoin de m'imprégner de l'atmosphère de la pièce pour restaurer le siège dans l'esprit du lieu où il va s'intégrer." Si le client le souhaite, elle lui présente ses collections d'échantillons pour lui permettre de faire son choix. Grâce à la visite des fournisseurs de tissu et aux salons professionnels, A. Nicolas reste au courant des tendances (souvent liées à celles de la mode) : "Pour le moment, on revient à des couleurs plus "fluo", constate-t-elle, mais bien sûr tout le monde ne suit pas le mouvement. Je remarque deux types de comportements : soit on cherche ce qui ne se démode pas et l'on reste dans les beiges ou les gris, soit on ose davantage car on a les moyens de changer plus souvent de décor, ou pour la décoration de pièces plus secondaires."

"Le tissu est très important, insiste-t-elle. On ne peut pas utiliser n'importe quelle matière pour garnir un siège. S'il n'a pas une épaisseur et une résistance suffisantes, il ne tiendra pas longtemps. Pour un tissu de qualité, il faut compter au moins 50 €/m. Et puis on ne peut pas non plus placer n'importe quel motif : sur un siège rond, par exemple, on ne placera pas un tissu à carreaux."

Le siège le plus couramment restauré ? Le voltaire. "C'est le siège de famille le plus typique qui se transmet de génération en génération. Souvent, on attribue une grande valeur marchande à ce siège car son style est reconnu. En fait, c'est surtout une valeur sentimentale qui lui revient car il nous relie à nos aïeux. Un voltaire peut être restauré dans la tradition, mais il peut aussi prendre des allures plus contemporaines si l'on patine le bois en gris ou en beige et que l'on choisit un tissu original. On peut tout se permettre, tant que l'on reste dans le bon goût."

Catherine Vandenbroucke

Photos © FTPN/Christian Genard et Catherine Vandenbroucke.
 

La causeuse...

Outre le fait qu'elle est volubile et s'exprime volontiers, Aline Nicolas a choisi le nom de causeuse pour son atelier de garnissage car c'est aussi le nom d'un petit canapé à deux places... là où l'on cause...
 

Pour aller plus loin :

La causeuse
Atelier de garnissage
Aline Nicolas
Rue Roland, 10 - B-5537  MAREDRET
Tél. et fax : 082/69 99 59
www.lacauseuse.be